L’IA entre dans notre quotidien. Même les CFF ont cette année donné leur campagne de pub à l’intelligence artificielle. Pour cet article, il me fallait une photo, j’ai donc demandé, un train en rade, des vaches, un paysage valaisan en hiver avec des vaches de la race d’Hérens et voilà le résultat… et me voilà inspiré pour un petit article de fin d’année un peu plus léger que d’habitude et reprenant comme chaque année les soucis des collaborateurs et des clients.

Quand les trains roulent, quand ils roulent moins, et quand les syndicats doivent rappeler que les trains ne se conduisent pas tout seuls.
Le Valais, c’est 300 jours de soleil par an, des montagnes à couper le souffle… et des trains qui essaient désespérément de suivre le rythme malgré les tensions syndicales et la diminution du personnel.

Ces derniers temps, les usagers ont remarqué deux choses :

  1. Il y a moins de collaborateurs dans les gares.
  2. Les pancartes des syndicats ne manquent pas de présence pour se rendre aux manifestations régionales et fédérales.

Moins de personnel en gare : ambiance « self-service » version alpine

Les gares valaisannes continuent de se vider doucement de leur personnel. Ouvrir un guichet, répondre aux voyageurs, aider une mamie avec un billet compliqué, expliquer à un touriste genevois qu’Ovronnaz ne s’écrit pas « Ovronnaaaaaaz » … tout ça devient rare.

À force, les gares vont finir par ressembler à des refuges de montagne : une machine automatique, un panneau d’informations qui clignote, et des voyageurs perdus qui demandent en chœur : « C’est le train pour où, ça ? »

Les mécaniciens, eux, sont intouchables (et heureusement). Si certains responsables pensent pouvoir réduire le personnel en gare, tout le monde en revanche est d’accord sur un point : on ne touche pas aux mécaniciens de locomotive.

Parce qu’un train de plusieurs centaines de tonnes, ça ne se conduit pas tout seul. Bien que des essais soient effectués…
On ne demande pas à une locomotive : « Allez, courage ma belle, tu connais le chemin jusqu’à Brig, gère-toi. »

Les mécanos, que ce soit aux CFF, chez TMR ou RegionAlps, restent donc indispensables : pour conduire, pour garantir la sécurité, et pour éviter que la rame décide spontanément d’aller faire un détour touristique dans le Chablais et aller voir leurs miniatures au Swiss Vapeur Parc.

Le Valaisan, lui, observe encore…Entre les horaires chamboulés, le manque d’informations en gare et les négociations syndicales, le Valaisan garde son calme légendaire.
Il peste un peu, rit beaucoup, et finit par résumer la situation mieux que quiconque :

« Moins de personnel, d’accord… mais si on arrive au point où c’est moi qui dois conduire le train, on a un problème. »

Le touriste, lui, découvre une Suisse moins « idéale » que prévu. Pour lui, la Suisse, c’était : trains à la seconde, personnel partout, service impeccable.
Le voici face à un quai vide, une machine qui refuse sa carte étrangère, et un panneau lumineux qui annonce : « Retard indéterminé. »
Il croyait venir voir les montagnes, il découvre la réalité du service public.

Avec des gares qui perdent du personnel, des équipages en sous-effectif, des syndicats qui rappellent que le train ne roule pas à l’énergie positive, et des usagers qui s’adaptent tant bien que mal, la vie continue. Mais une chose ne change pas : les trains sont conduits par des pros qu’on ne peut pas enlever, et heureusement, sinon ce serait la vraie catastrophe.

Et en attendant que tout s’améliore, chacun continue d’avancer sur son rail : à son rythme, avec son humour…et avec l’espoir qu’un jour, la machine automatique comprendra enfin la différence entre “Martigny” et “Martigny-Croix”

Christian Roduit, Membre SEV – Vice-président de l’USV

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