Editorial

A quoi joue Sydney Kamerzin ?

Le conseiller national appartenant au Centre —qui n’a bientôt de centre que le nom— s’est distingué en proposant récemment une motion visant tout simplement à criminaliser le droit de manifester en Suisse. L’élu valaisan a insisté sur les dégâts causés par la manifestation du 11 octobre 2025 à Berne.  A aucun moment il ne fait mention des circonstances qui ont amené à cette manifestation. A aucun moment il ne parle des plus de 300 manifestant·es blessés ni des 600 personnes qui ont été nassées au froid pendant une dizaine d’heures. Une pratique qui est contraire aux standards du droit international. Le Parlement glisse vers le "tout-payant" : sous l'impulsion de Sidney Kamerzin, 119 élus ont voté pour facturer aux manifestant·es les frais de police engagée lors de manifestations, qu’elles soient autorisées ou pas.  Derrière ce vote qui semble d’ordre financier se cache une réalité bien plus sombre. En effet, la majorité bourgeoise (ainsi que deux socialistes) ont décidé qu’il était de bon ton de criminaliser toutes les luttes politiques en Suisse. Si manifester devient une question financière, c’est qu’on considère que ce n’est plus un droit acquis dans une démocratie, mais un privilège destiné une poignée d’individus ayant les moyens. Nos décideurs font de la rue un espace privé : seuls ceux qui ont de l’argent pourront encore porter leurs revendications. Ce n'est plus de l'ordre public, c'est une barrière dissuasive qui réduit la révolte sociale au silence par la menace...

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Yoann Bodrito, rédacteur en chef du Peuple.VS

Extrait du dernier numéro

Je suis antifasciste !

Je suis antifasciste depuis que j’ai découvert ce qu’était le fascisme, lorsque j’étais tout jeune et que j’apprenais mes leçons d’histoire. Quand j’ai vu l’incommensurable horreur que l’on pouvait commettre, non pas au nom du bien commun, mais au nom « de la race », « de la nation », « du chef ». Les images qui viennent à l’esprit sont évidemment connues : des cadavres entassés dans des fosses communes, des corps décharnés, le regard vide, des « pyjamas rayés » des camps « de travail », des cheminées, des « douches », etc. Mais ceci n’est que l’ultime conséquence du fascisme, car tout commence lentement, tout doucement. Comme une petite mélodie rassurante. Une mélodie qui désigne des responsables. Tout ce qui est différent devient coupable de tous les maux. Étrangers. Juifs. Musulmans. Noirs. Communistes. Socialistes. Journalistes. Pacifistes. Démocrates. Homosexuels. Handicapés. Etc. Le chômage ? C’est leur faute ! L’amoralité ? C’est leur faute ! La surpopulation de l’espace vital...

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