La session de printemps 2026 des Chambres fédérales l’a encore démontré : sans rapport de force, la droite avance, et ce sont les locataires, les salariées et les salariés, ainsi que les familles qui paient la facture. Face à la vie toujours plus chère, nous devons non seulement résister, mais reprendre l’offensive.
La session extraordinaire sur les loyers, au Conseil national, a mis des mots sur une réalité brutale : la Suisse s’enfonce dans une crise du pouvoir d’achat, et les loyers en sont l’un des principaux moteurs. Comme l’a dénoncé Samuel Bendahan, nous payons aujourd’hui des loyers massivement abusifs. Depuis des années, leur évolution ne respecte plus le droit. Résultat : les locataires paient environ 10 milliards de francs de trop chaque année, soit en moyenne 4’400 francs par ménage. Mais derrière ces chiffres, il y a une réalité simple : des milliers de francs qui manquent pour vivre dignement.
Contrairement à ce que prétend la droite, cette situation n’est pas une fatalité liée au marché. Quoi qu’il arrive – hausse ou baisse des taux, pénurie ou vacances – les loyers augmentent. Pourquoi ? Parce que la logique dominante est celle de la spéculation et du rendement, portée par de grands acteurs immobiliers toujours plus puissants. Pendant ce temps, le droit à un logement abordable, inscrit dans notre Constitution, est bafoué. Et pourtant, les solutions existent : faire respecter les règles actuelles suffirait déjà à soulager massivement la population. Refuser d’agir, c’est un choix politique clair de la droite !
Même logique concernant les conditions de travail. Le Conseil des États a débattu d’une modification de la loi sur les conventions collectives de travail. Derrière un discours technique, ce projet vise en réalité à contourner des décisions populaires cantonales sur les salaires minimaux. Comme l’a rappelé Pierre-Yves Maillard, aucun syndicat ne soutient ce texte. Il remet en cause des principes fondamentaux : le fédéralisme, la démocratie directe et le respect des décisions du peuple. Quand le peuple vote pour garantir un revenu digne, la droite cherche à corriger ce choix par sa majorité au Parlement. Derrière les beaux discours, il y a une réalité pourtant bien simple : empêcher que celles et ceux qui travaillent puissent vivre de leur salaire. Nous refusons que les principes démocratiques soient piétinés précisément quand il s’agit des travailleuses et travailleurs les plus modestes.
Mais se battre, c’est aussi préparer l’avenir. J’ai défendu, pour la Commission de l’économie et des redevances un postulat de commission qui demande une étude sur l’impact de l’intelligence artificielle sur le travail et notre système fiscal. Les transformations sont déjà là. Si la création de valeur se déplace, nos bases fiscales seront touchées. Refuser d’anticiper, c’est choisir de subir. Demander une analyse, c’est faire preuve de responsabilité.
Enfin, je me réjouis de l’acceptation, au National, de ma motion visant à interdire les PFAS et les perturbateurs endocriniens dans les jouets d’ici 2030. Ces substances toxiques représentent un danger réel, en particulier pour les enfants. Leur interdiction est une mesure de santé publique nécessaire. Là aussi, il a fallu se battre pour imposer une évidence : la santé des enfants doit passer avant les intérêts économiques.
Cette session le confirme : rien ne nous sera donné. Face à une droite qui protège les plus riches et bloque les solutions, nous devons intensifier le combat. Pour des loyers justes, des salaires dignes et un avenir équitable, la mobilisation est plus nécessaire que jamais. Le combat continue, et il se mène avec vous !
Emmanuel Amoos, conseiller national