Presque par hasard me voici assis à la droite du président du législatif de Sion, place réservée au Vice-président. Par hasard, car au grand jamais je n’ai ambitionné quelque « notoriété » que ce soit.

J’avais même abandonné la politique active à mi-2019, contraint par une santé déficiente qui mettait trop de temps à se rétablir. Mes 10 ans de politique communale et 8 de suppléance au Grand Conseil me semblaient malgré tout suffisants pour le secondos que je suis, naturalisé au milieu des années 90. Puis un 1er mai, une rencontre avec notre camarade Johanne, et une proposition de rejoindre un groupe qui avait dû voir s’en aller plusieurs membres. « JP, ça ne te dirait pas de revenir ? nous n’avons plus de « viennent ensuite ». Tu as de l’expérience, etc… » Explication que je n’étais pas un fan des « soupes réchauffées » (quoi que). Mais, deux semaines plus tard, mon oui tombait et me voici membre de cette fine équipe, menée alors de main de Maitresse par Bérénice. Et cerise sur le gâteau, une place à la Cogest, qui m’avait vu évoluer pendant 10 ans.  Le doigt dans l’engrenage, l’appétit venant en mangeant, re candidature et re élection.

Lorsqu’il fallut s’organiser pour cette nouvelle législature, une majorité d’entre-nous étaient nouveaux. Nous nous sondâmes, répartîmes les postes selon envies, possibilités et disponibilités. Pointait quelque part, sur le tableau, une case, celle qui est à droite de… Place que le PS n’avait jamais atteint. Seuls les Centre (PDC) et PLR s’étaient réparti cette charge. Et le dicton « ça ne coûte rien d’essayer », fut mon leitmotiv. Nous nous présentâmes donc à cette première séance, et me voici choisi. Cette soirée fut encore plus belle avec l’élection de notre camarade Lucien Zuber au poste combien important de chef de groupe de la Cogest. Ma nomination fut avant tout une récompense pour mon parti. Ce PS qui représentait pour moi le digne défenseur de mes valeurs. Je l’avais rejoint à la fin des années 90 avec l’élection de Peter Bodenman. Mes camarades étaient d’alors étaient Stéphane Rossini, Thomas Burgener, Jean-Noël, Georgy, Ester, Jean-Henri, puis Gaël, Matthias, ce Matthias Reynard que j’ai eu la chance de connaitre tout jeune, et qui rend si fier·es celles et ceux qui l’ont suivi, côtoyé, qui ont combattu à ses côtés, qui ont suivi son ascension.  J’en oublie et je m’en excuse auprès d’eux. Je me permets une pensée très émue pour Georgy et Jean-Noël qui ont croisé le pire il y a 10 ans.

Aujourd’hui, mon rôle de VP me plait, et prend pas mal de temps au retraité que je suis devenu il y a trois ans. On me disait : « mais en tant que VP tu vas arrêter de faire de la politique, tu resteras dans l’ombre, hors débat. » C’était mal me connaitre. Toujours avec le consentement de mon Président, je me suis permis d’être partie prenante du débat politique et démocratique. Par exemple lorsque je débutai une séance et ayant une pensée émue pour les habitats de Blatten, durement touchés, et profitant de cette prise de parole, j’expliquais à l’Assemblée le dramatique éboulement de Mattmarkt avec ses 88 personnes décédées, et les responsabilités d’alors non assumées par notre pays. Puis vinrent en ce début d’année mes deux postulats « Rénovations et création de nouvelles toilettes publiques » et « Invitation à proposer l’installation de fontaines à eau ou de mise à disposition d’eau potable lors de manifestations » qui connurent un franc succès.

Notre Interpellation sur Gaza, présentée par notre chef de groupe, Pierre Schertenleib et acceptée par le Plénum a une grande importance pour moi. Certains l’ont peut-être mal pris ; est-ce penser mal d’imaginer que la vengeance pourrait être devenue d’ordre pécuniaire ?

Jean-Pierre Bodrito

 

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