Ou loupiote blafarde du progressisme dans l’océan conservateur valaisan ?

Pouvoir conserver les pitchouns après le collège et endiguer la fuite des cerveaux voilà le but recherché par la transformation d’Uni distance en une université valaisanne.

Avec une augmentation de budget de 37,76 à 51,12 millions et une augmentation à l’horizon 2030 du nombre d’étudiant·es de 2’600 à 3’500, cette initiative est à porter au crédit du gouvernement valaisan, sur cette période marquée par un anti-intellectualisme et par des attaques sur les universités de la part de certains courants politiques :
L’exemple le plus parlant étant ce qui a été fait aux universités par l’administration Trump, mais on peut aussi penser à la forte augmentation des frais universitaires en Suisse qui tendent à creuser les inégalités d’accès à celles-ci.

Allons à présent nous pencher plus en détails sur la loi cadrant l’université et la latitude que s’est construite le conseil d’Etat au sein de cette nouvelle entité valaisanne. Tout d’abord l’organe de direction, composé du recteur·trice et 4 vices-recteurs·trices, nommé par leur n+1, après avoir en informé le conseil d’Etat.

Le conseil d’Etat, et a fortiori le parti majoritaire qui le compose, a probablement du mal à laisser d’autres intérêts que les siens décider du ou de la chef·fe de l’université, et donc se réserve le devoir de le ou la nommer.

De plus, les organes chargés d’apporter une expertise externe et indépendante sont nommés, donnez-le-moi en mille, par le conseil d’Etat ! On repassera pour l’indépendance externe. Et en plus, sur proposition du rectorat, c’est dire à quel point l’indépendance est un mot qui a du sens en Valais !

Mais l’université est également dotée d’un organe un peu plus démocratique, l’assemblée de l’université qui est appelée à se déterminer sur les grandes orientations de la politique universitaire et le fonctionnement de l’université. Tous ces jolis mots pour désigner une centrale d’enregistrement des décisions du rectorat, un vernis démocratique écaillé sur une structure autoritaire.

Mais hormis la mainmise directe et indirecte sur tous les postes de l’université de la part du conseil d’Etat, dont on connait la frilosité sur les sujets progressistes, on peut au moins se contenter d’une augmentation d’un budget lié à l’éducation.

Antoine Bellon

Le PeupleVS 2026