Les votations fédérales de juin approchent. Même si l’initiative du chaos de l’UDC est sous le feu de tous les projecteurs, la modification de la loi sur le service civil ne doit pas être minimisée. De nombreuses raisons existent pour la rejeter. En voici les principales.
Les personnes qui accomplissent le service civil apportent une contribution de premier plan au bon fonctionnement de notre société : hôpitaux, maisons de retraite, EMS, écoles, économie alpestre, protection de la nature et de l’environnement… autant d’institutions et domaines où leurs prestations sont aujourd’hui indispensables. En prévoyant de réduire de 40 % les admissions au service civil, la nouvelle loi entraînerait une réduction massive de ces prestations.
Un projet qui nuit aux patient-es et aux personnes âgées
Par exemple, dans les hôpitaux, les civilistes aident à la logistique, à l’accueil des patient-es et à des tâches administratives, ce qui permet au personnel soignant de se concentrer sur les soins. Dans les EMS, ils participent aux activités avec les résident-es, offrant un soutien précieux aux professionnel-les de la santé. Sans ces prestations, les délais d’attente pourraient s’allonger, les soins se détériorer, et le personnel déjà surchargé serait encore plus sous pression. Les conséquences seraient particulièrement graves pour les personnes vulnérables, comme les patient-es en réadaptation ou les résident-es en fin de vie, qui dépendent fortement de ces services.
Un projet qui met en péril la protection de la nature et de la biodiversité
Pour notre environnement, la contribution des civilistes est également indispensable. Par exemple, dans les Alpes, ils entretiennent les sentiers de randonnée, ce qui permet de préserver l’accès à ces espaces naturels tout en limitant l’érosion des sols. Ils participent aussi à la lutte contre les espèces invasives, dont la prolifération menace les écosystèmes locaux. De plus, leur travail dans les réserves naturelles est crucial pour la protection des oiseaux migrateurs et des habitats fragiles. L’année dernière, ce sont plus de 230 000 jours de service civil qui ont été réalisés dans le domaine de la protection de la nature en Suisse. Sans cette contribution, nos paysages et milieux naturels auraient un tout autre visage.
Un projet qui rend plus difficile l’accomplissement d’un service utile à la communauté
Finalement, ce projet introduit de nombreuses difficultés administratives pour les personnes passant au service civil plutôt qu’à l’armée. Cette réforme porte non seulement atteinte à la liberté de conscience, mais dévalorise aussi le service civil aux yeux de la société. Pourtant, les personnes qui refusent d’accomplir le service militaire pour des raisons de conscience assument leurs responsabilités au travers du service civil. Cet engagement mérite d’être encouragé, et non pas entravé.
La nouvelle loi sur le service civil représente donc une menace pour de nombreux aspects de notre société. En votant clairement NON le 14 juin, nous défendons la qualité des services publics et la préservation de notre patrimoine naturel.
Clément Borgeaud, président du PSVR