Le 27 avril, le SSP a déposé un appel urgent soutenu par près de 190’000 signatures aux élu·es fédéraux. Accompagnés d’une banderole « Soins à domicile, EMS, Hôpitaux. En colère et mobilisés », 200 travailleuse·eurs du secteur de la santé ont pris position pour demander une mise en œuvre intégrale et immédiate de l’initiative populaire pour des soins forts. Malgré ce fort message, rappelant par le nombre titanesque de signatures de la pétition que la volonté populaire est du côté de l’amélioration des conditions pour les personnels de santé, le Conseil national a tout de même trahi. En effet, le projet de loi d’application de l’initiative proposé par le Conseil fédéral, déjà bien insuffisant, a été affaibli par les membres de la commission compétente du Conseil national. Cette mise en œuvre, vidée de sa substance, a ensuite été acceptée par le Conseil national. C’est ainsi que nos autorités, et plus particulièrement la droite bourgeoise, ont trahi les signataires de l’initiative, celles et ceux qui l’ont soutenu par leur vote, mais aussi et surtout les personnels de santé.

Pour rappel, c’est en novembre 2021 que le peuple a voté sur l’initiative pour des soins infirmiers forts, et le score était sans appel : 61% de oui ! Ce résultat est le reflet de la compréhension populaire des problématiques des personnels de santé. Le rôle vital qu’elles et ils remplissent, et cela dans des conditions difficiles, ne peut appeler qu’à l’estime. Sur le terrain du secteur de la santé, des thématiques sont récurrentes : horaires difficiles, travail physique fatiguant et usant, salaires faibles pour les emplois les plus précaires de la santé, etc.

En Valais, les conditions de travail des personnels de santé ont été améliorées depuis 2021, avec des créations de nouveaux postes, des financement supplémentaires et avec la mise en place en 2024 d’une Convention collective de travail (CCT) pour les soins de longue durée en Valais. Cependant, cela ne suffit de loin pas à régler les problèmes dans le secteur de la santé, aggravés voire causés, par la pénurie de personnel. C’est à ce problème que s’attaquait l’initiative, lorsqu’elle demandait simplement la garantie que chacun·e ait accès à des soins infirmiers suffisants et de qualité, ainsi qu’un nombre suffisant d’infirmière·ers diplômés pour couvrir les besoins croissants.

Alors que faire, maintenant que la mise en œuvre de l’initiative prouve, à nouveau, que la majorité bourgeoise au parlement fédéral n’est pas du côté des travailleuse·eurs, et ne défend pas la santé de sa population ? Devons-nous rester les bras croisés, ou continuer de nous mobiliser ? Pour la défense des intérêts des personnels de santé, et plus généralement de tous·tes les salarié·es des services publics et parapublics, ainsi que des bénéficiaires de ces services : devenez membre du SSP ! Étant donné le rapport de force actuel extrêmement défavorable aux luttes sociales au Parlement fédéral, ce n’est évidemment qu’avec une forte organisation syndicale des travailleuse·eurs que l’on peut miser sur des évolutions sociales bénéficiant à tous·tes !

Julien Berthod, secrétaire syndical SSP Valais

Le PeupleVS 2026