Comme l’hirondelle revient au printemps, il est un débat qui refait inlassablement surface dans la bouche des libéraux et des puissants milieux économiques : celui de la dérégulation du monde du travail.

Qu’il s’agisse de l’extension des horaires de travail, du travail de nuit ou de la réduction des temps de repos, ce sont toujours les mêmes ritournelles qui reviennent, au nom du profit, du rendement et du sacro-saint argent (Amen !).

L’année dernière déjà, on parlait de l’allongement de la durée du travail et de la réduction du temps de repos minimum entre deux journées. Cette année, le 22 avril, le Conseil fédéral a approuvé les conclusions d’une commission du Conseil des États, qui vante les mérites d’une ouverture des commerces douze dimanches par année — rien que ça !

Brillante proposition née des méandres du canton de Zurich, où, une fois n’est pas coutume, sinon vivent, du moins gravitent, l’élite — que dis-je — l’aristocratie économique suisse.

La voilà, vent debout pour défendre les ouvertures dominicales avec des arguments aussi fallacieux que grossiers : tels un éléphant dans un magasin de porcelaine, ses défenseurs prétendent que ces ouvertures permettraient de lutter efficacement contre l’érosion du commerce physique face au commerce en ligne et de sauver les petits commerçants. Elles auraient même, selon eux, le mérite de faciliter la vie de tout le monde…

Tout cela en faisant fi des scrutins populaires cantonaux, qui ont systématiquement refusé l’extension des horaires d’ouverture des commerces. En Valais, par exemple, ce refus a atteint près de 65 % des votants.

Derrière ces offensives se cachent plusieurs réalités :

  • Un manque de respect flagrant envers les travailleurs de la vente, dont les conditions actuelles sont déjà loin d’être optimales et qui ne bénéficient que très rarement de la prospérité économique ;
  • Une méconnaissance des besoins des petits commerces : loin de les aider, ces mesures favoriseront surtout les grandes enseignes, qui ne font pas face aux mêmes charges ni aux mêmes loyers ;
  • Un aveuglement idéologique, véritable ode à l’ultralibéralisme, où tout devient consommable, à toute heure, en tout lieu, par n’importe qui ;
  • Une dérégulation progressive de notre mode de vie : car, pour la vie sociale, familiale et culturelle, il est essentiel de préserver un jour de repos commun à tous.

Le Conseil des États, lors de la session d’été, a tiré un coup de frein à cette proposition en refusant cette initiative cantonale. Ce n’est cependant qu’une accalmie dans le ciel orageux qui plane au-dessus des travailleurs du commerce de détail.

En effet, le Conseil national, plus à droite et moins enclin à de réelles actions en faveur des plus faibles et des plus précaires, doit encore se prononcer. Cette victoire d’étape sera peut-être balayée par le vote du National, mais elle encourage à « résister ».

Surtout, elle nous obligera à lutter, dans la rue déjà, en récoltant des signatures contre cette législation inique, mais ensuite aussi dans les urnes pour défaire les thuriféraires de l’ultralibéralisme à la sauce zürichoise, qui n’ont de cesse d’avancer leurs pions.

Souvenons-nous-en lorsqu’il faudra voter sur les ouvertures du dimanche, mais souvenons-nous-en surtout lorsqu’il faudra renouveler le Parlement fédéral en 2027 !

AYMON Valentin

Le PeupleVS 2026