Le 13 octobre, le stade de Tourbillon accueillera l’équipe nationale d’Israël pour un match retour contre la Suisse, dans le cadre des barrages de la Coupe du monde (féminine) 2027. Alors que la Russie est toujours sanctionnée, l’équipe d’Israël peut librement faire la propagande culturelle de l’entité sioniste, et ce alors même que le génocide continue à Gaza.  Les institutions internationales du sport, ainsi que les États occidentaux, montrent à nouveau leur vrai visage.

Ce match, loin d’être anodin, cristallise donc de nombreux aspects autant au sujet du génocide et de l’occupation de la Palestine, que de la complicité occidentale. Premièrement, sur la situation en Palestine : le régime de colonialisme de peuplement de l’État d’Israël est fondé sur une politique de négation des droits des Palestinien·nes. Parmi les droits refusés se trouve le droit à la culture. Ainsi, toute culture palestinienne est soit attaquée, soit appropriée par Israël. Au niveau du sport, la situation est similaire. Les stades de foot dans les colonies israéliennes – illégales selon le droit international – sont soit rasés, soit utilisés pour des équipes de colons. Au même titre que certain·es utilisent le terme de “scolasticide” pour désigner les attaques systématiques contre le système scolaire et universitaire à Gaza, il est ici possible de parler d’un athléticide, car plus d’un millier de sportifs·ives gazaouis ont été tués et plus de 265 installations sportives ont été endommagées ou détruites depuis octobre 2023.

Deuxièmement, face à ça, la FIFA et toutes les autres fédérations sportives à l’international, y compris le Comité international olympique, restent dans des postures de complicité. Maintenir Israël au sein des compétitions internationales est une nouvelle preuve de la corruption morale des organisations utilisant le sport à des fins lucratives et politiques.

Contrairement à ce qu’insinue la propagande et le pinkwashing israéliens, il n’y a rien de féministe dans le fait de soutenir l’équipe nationale féminine d’Israël. Rappelons que le service militaire en Israël est obligatoire aussi pour les femmes, même pour les athlètes de haut niveau, malgré quelques accommodations. Il est donc assez clair qu’en plus de porter fièrement les couleurs d’un État génocidaire, celles-ci ont participé, plus ou moins directement, au génocide et à l’occupation de la Palestine. Les femmes de l’équipe nationale ne sont donc pas des victimes d’un système, mais bien des parties prenantes du génocide. Face à ces femmes, il existe cependant de fiers symboles de résistance : les footballeuses et footballeurs des équipes nationales de Palestine, qui ne doivent pas seulement lutter lors des matchs, mais en dehors pour leur survie.

Alors, le 13 octobre mais aussi le reste de l’année, gardons en mémoire la résilience du peuple palestinien et son esprit de lutte. Nous devons nous en inspirer pour mener l’offensive contre les forces sionistes ici en Suisse, que cela soit le Comité international olympique, ou Philippe Nantermod, coprésident du groupe d’amitié parlementaire Suisse-Israël.

Julien Berthod, membre des JSVr

Le PeupleVS 2026