Elles sont partout. Elles se ressemblent. Elles ont envahi l’espace physique et virtuel.

Qui donc? Les images générées par intelligence artificielle.

Et cela pose problème.

D’autant plus dans les milieux de gauche.

Recourir à la génération d’images via l’IA a des conséquences :

Écologiques : l’IA demande beaucoup d’énergie. Les data centers surchauffent, il faut énormément d’eau et d’énergie pour les systèmes de refroidissement fonctionnent. Ces systèmes produisent un bruit infernal. C’est sans fin.

Éthiques : les IA génératives se nourrissent du travail des humain·es. Pour être plus juste, elles volent leur travail. Les artistes, graphistes et autres illustrateurices le dénoncent depuis longtemps, l’IA se sert de leur travail pour générer des images, des millions d’images sans respect pour les droits d’auteurice. C’est du pillage pur et simple.

Sociales : pour apprendre, l’IA a besoin de données. Dans l’immensité des données qu’il existe, elle a besoin des humain·es. Les géants de la tech l’ont bien compris et ont recours à des entreprises sous-traitantes qui exploitent des personnes dans des pays du Sud global (comme au Kenya[1] ou aux Philippines[2]). Ces personnes, appelées annotateurs et annotatrices, sont confrontées à des contenus toxiques, cela peut être des suicides, de la torture, de la pédopornographie, etc. et ce avec des cadences infernales, parfois sept jours sur sept et pour un salaire de misère.

Sans protection sociale ni de santé bien évident.

La plupart de ces travailleurs et travailleuses n’en ressort pas indemne et souffre d’atteintes durables de leur santé physique et mentale.

Nous, gens de gauche, devons-nous questionner sur notre propre utilisation de l’IA et sur ce que cela implique. Générer une image, une affiche, aussi anodine soit elle, contribue à nourrir un système qui se base sur l’exploitation des plus vulnérables et des ressources de la planète.

Je ne cherche à culpabiliser personne, j’ai moi-même eu parfois recours à l’IA et à la génération d’image. Mais j’apprends et j’essaie de faire mieux.

Nous sommes socialistes et nous devons nous questionner sur nos actions et les effets de celles-ci sans nous tourner vers la facilité.

Les conséquences du recours à l’IA générative sont dramatiques et en total désaccord avec nos valeurs.

La prochaine fois que l’on songera à utiliser l’IA, posons-nous la question si c’est bien nécessaire, s’il n’y a pas une solution alternative. Le PS suisse par exemple propose sur son site des visuels que l’on peut réutiliser à notre guise.

Et puis, soyons honnêtes, que ces images sont moches!

Martine Rouiller

[1] « Les forçats de l’IA », ABE, RTS, 4 novembre 2025

[2] « Les forçats de l’IA », Théophile Simon, magazine AMNESTY n°116, mars 2024

Le PeupleVS 2026