L’humain

Tenir quand tout vacille

Il est difficile d’imaginer un début d’année plus douloureux pour le canton du Valais. À peine une heure et demie après l’entrée dans 2026, notre région a basculé dans l’horreur, projetant la région au cœur de l’actualité mondiale. Le bilan est terrible : 40 personnes ont perdu la vie, 116 ont été grièvement blessées, pour la plupart âgées de moins de 20 ans, lors de l’incendie de Crans-Montana.

Une fois la sidération passée, s’ouvre le temps du deuil collectif. En Valais, rares sont celles et ceux qui ne connaissent pas une personne touchée directement ou indirectement par ce drame. Victimes et proches, mais aussi membres de la chaîne de secours, soignant·es, forces d’intervention, ainsi que les citoyen·nes présents cette nuit-là ayant spontanément porté assistance aux blessé·es, sont durablement frappés par cette tragédie.

Les premières heures ont également été marquées par une couverture médiatique parfois précipitée, où certains journalistes, en quête d’exclusivité, se sont improvisés justiciers au détriment de la retenue et de la rigueur nécessaires face à un tel drame. Dans ce marasme ambiant, un homme est sorti du lot par son humanisme.

L’humain d’abord résume parfaitement celui qui a agi en véritable chef d’état pour traverser cette période difficile pour nombre de citoyen·es. Le Valais connaissait les guides de montagne. Il a trouvé, dans l’épreuve, un homme capable de guider quand le sol se dérobe. Dès les premières heures, il a pris ses responsabilités face à la presse et aux familles des victimes dans l’attente insupportable de nouvelles de leurs proches.  Des responsabilités qui n’ont jamais empêché d’éprouver de l’empathie, de l’humilité et une émotion sincère.

Une émotion qui s’est retrouvé dans le discours du 9 janvier au CERM. Devant les caméras du monde entier, Mathias Reynard a su unir et rassembler les gens avec une dignité exemplaire qui a apporté un apaisement nécessaire à de nombreux cœurs brisés. En présentant des excuses au nom de la communauté et la reconnaissance de la responsabilité collective, il a contribué à redorer le blason du canton tout en posant un geste fort envers les personnes touchées par cette tragédie.

Un discours qui a rappelé ce que peut être la parole politique lorsqu’elle touche juste. Rassembleuse, sincère et qui trouve un écho profond chez presque toutes celles et ceux qui l’ont entendu.

Rien ne peut effacer l’horreur. Mais ce message a ouvert un espace rare de reconnaissance, de compassion et de responsabilité. Il a rappelé que l’humanité, même meurtrie au plus profond, peut encore se tenir droite. Merci, Mathias, pour ces mots d’une rare justesse allant au-delà de nos espérances.

Tu incarnes cette rareté : une autorité qui ne se construit ni dans le bruit ni dans la posture. La preuve qu’on peut servir le peuple sans élever la voix ni mépriser.

Yoann Bodrito

En souvenir de nos camarades

 Il y a 10 ans, le 15 janvier 2016, 30 personnes trouvaient la mort dans un attentat à Ouagadougou. Parmi elles, l’ancien conseiller national Jean-Noël Rey ainsi que l’ancien député Georgie Lamon, tous deux socialistes.

Aujourd’hui, le Parti socialiste du Valais romand se souvient de deux camarades qui ont marqué durablement leur époque par leur engagement en faveur de la solidarité, de l’égalité, de la justice et des droits humains. Leur vie en faveur du bien commun continue de nous inspirer aujourd’hui.

Le PeupleVS 2026