Entre budget, réformes et décisions essentielles pour le Valais

Passer une semaine au Grand Conseil valaisan, c’est se plonger dans un concentré de débats, de responsabilités collectives et de visions parfois opposées mais réunies par un même objectif : façonner l’avenir du canton. L’apprentissage des tenants et aboutissants politiques n’est pas facile. Je n’ai pour ma part pas autant de facilité de réponses que certains de mes camarades. Avoir des idées c’est bien mais savoir les transmettre c’est mieux. J’ai dû apprendre à parler au bon moment, à travailler ensemble sur les sujets de la session ou les sujets du moment, puis savoir s’unir pour combattre des idées importantes dans l’intérêt du canton.

Le Budget est un exercice d’équilibriste

Dès l’ouverture des débats, une grande partie de l’attention s’est portée sur le budget 2026, véritable colonne vertébrale de l’action publique. Les discussions ont révélé toute la difficulté de concilier rigueur financière et besoins croissants dans les domaines de la formation, de la santé, des infrastructures, du climat ou encore de la mobilité. Si les partis ont défendu leurs visions respectives, une conviction commune s’est imposée : celle d’assurer un développement harmonieux du canton tout en maîtrisant la dette.
Pour la nouvelle ministre des Finances, il s’agissait d’une première entrée en matière, comme pour moi. Et le mot « entrée en matière » n’a jamais été aussi juste : le véritable débat aura lieu en décembre, après le travail préalable des commissions. Plus d’une centaine d’amendements ont déjà été déposés, annonçant, comme à son habitude d’après mes camarades du Grand Conseil, une discussion animée mais essentielle.

Réforme de la loi sur la police cantonale

Autre dossier phare : la modification de la loi sur la police cantonale. Face aux défis sécuritaires actuels, le projet vise à renforcer à la fois les moyens d’action et le cadre légal des forces de l’ordre.  Le débat, vif par moments, a mis en lumière des questions fondamentales : quelle doit être la place de la police dans la société ? Comment concilier libertés individuelles et sécurité collective ? Le Groupe socialiste avait déposé plusieurs amendements visant notamment la protection des données, ainsi qu’à inscrire sur la loi l’utilisation  de la désescalade, la médiation et la prévention. Nous aurions aimé aussi que les personnes détentrices du permis C puissent prétendre au métier de policier. C’est avec regret que tout a été refusé.

L’introduction des bodycams constitue une avancée significative, cependant, le refus de l’obligation d’annoncer l’activation de la caméra reste un regret.

Le canton de Vaud a d’ailleurs annoncé suivre la même voie. Pour la population comme pour les agents, cet outil représente une garantie supplémentaire : celle d’un rapport apaisé, transparent et responsabilisant. Comme me l’a rappelé un de mes amis, chacun devra faire l’effort « de se tenir tranquille ».

Hôpital du Valais : Le cautionnement accepté

Le financement de l’Hôpital du Valais a également occupé une place importante durant cette session. Le montant demandé concerne les surcoûts engendrés pour les projets de Brigue et de Sion, les problèmes d’insolvabilité d’entreprises de construction mandatées, des équipes supplémentaires nécessaires, de la rénovation des stations de lits existants à Sion, et aussi des mesures urgentes dans le domaine de la psychiatrie à Malévoz. Mathias Reynard a rappelé que chaque projet allait être amené devant le Grand Conseil pour y être étudié. Au-delà des aspects financiers, c’est la question de la gouvernance qui a suscité de vives préoccupations. La confiance envers le management actuel semble fragilisée et plusieurs élus ont souligné que la mauvaise gestion interne pourrait impacter directement l’utilisation du budget des structures. La définition du mot « cautionnement » a dû être expliquée par notre ministre. Cela ne semblait pas être clair pour tous. « Il ne s’agit pas d’un financement direct, mais d’une garantie en vue d’un crédit », a précisé notre ministre. Le Grand Conseil accepte le cautionnement pour permettre à l’HVS de continuer sa mue et avancer dans ses rénovations et sa modernisation.

Postulats divers

Loin des projecteurs, plusieurs dossiers plus modestes mais essentiels ont également été traités. Parmi eux, le postulat d’Aude Rapin, visant à renforcer immédiatement les effectifs de l’APEA, a été accepté par le plénum : une véritable victoire, porteuse d’espoir pour une meilleure prise en charge des dossiers concernant aussi bien les adultes que les enfants.

Le Parlement a aussi accepté le postulat visant à pré-affranchir les enveloppes de votation, facilitant ainsi l’exercice démocratique.

Enfin, la question des routes cantonales a illustré ces décisions nécessaires mais peu spectaculaires qui rendent pourtant la vie quotidienne possible : mobilité, sécurité, infrastructures… autant de fondements indispensables au développement économique du canton.

Au cœur de la démocratie valaisanne

Cette semaine au Grand Conseil valaisan a été rythmée par la diversité des dossiers, la richesse des échanges et la conscience constante de servir l’intérêt général. Voter un budget, réformer la police, financer un hôpital, rénover une route : autant de décisions qui, cumulées, façonnent l’avenir du canton. Puis terminer la semaine sur le fameux vendredi matin avec les urgences et les questions à notre Conseil d’Etat. Un travail parlementaire utile mais qui augmente la complication pour une novice en politique comme moi. Ecouter, comprendre la réponse et savoir si les réponses ont été apportées ou non, puis réagir de suite ou non.

Pour terminer, être dans la minorité n’est pas toujours simple. Mais comme le dit si bien notre camarade Valentin Aymon : « On gagne, on perd, mais on ne lâche rien. » Les petites victoires d’aujourd’hui sont les pierres fondatrices des grands édifices de demain. Et moi, au cœur de ces débats, je continue de rêver d’un Valais plus social, plus juste, plus solidaire.

Le PeupleVS 2025