« Où étaient les États ? Où étaient les droits humains ? Où était les droits de l’enfant ? », s’est exclamée une femme que nous avons rencontré, avant de fondre en larme. Ce n’est pas la première fois qu’elle doit partir de chez elle sans rien d’autre que les vêtements qu’elle porte. Comme des millions de personnes dans la région syrienne, elle et le reste de sa famille, dont des enfants en bas âge, sont condamné·es à fuir au gré des conflits depuis plus d’une décennie. La Rojava Delegation for Humanity l’a rencontré à Qamishlo, dans la région contrôlée par l’administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie. Composée de militant·es politiques, d’activistes pour les droits humains, d’artistes et de journalistes, cette délégation est partie pour quelques jours afin de voir la réalité de la crise humanitaire qui s’abat sur la population du Rojava.  

En effet, en janvier de cette année, la région syrienne s’est réenflammée. L’actuel président ad intérim de la Syrie et ancien commandant de Daesh, Ahmed al-Charaa, a ordonné des assauts contre les forces de l’administration autonome du Rojava. Avec l’aide de cellules dormantes de l’État islamique et de groupes armés indépendants, des bains de sang horribles ont eu lieu à Raqqa, dans de nombreuses autres villes du Rojava, mais aussi dans des quartiers d’Alep. Il n’a pas été question d’un conflit entre armées, mais bien de massacres de civil·es, de viols, de bombardements, voire même potentiellement de l’utilisation d’armes chimiques. Après plusieurs semaines durant lesquelles la population du Rojava a vécu toutes les horreurs imaginables, les autorités de Damas ont réussi à imposer un accord à l’administration autonome. Celui-ci remet en question l’autonomie du Rojava, mettant donc en péril le fonctionnement démocratique, féministe et écologique de la région. La fin de l’autonomie du Rojava n’est pas seulement une pause dans le projet politique émancipateur kurde, mais est aussi particulièrement dangereux pour toutes les minorités ethniques et religieuses du nord et de l’est de la Syrie.  Alaouites, druzes, yézédis, et autres : leur existence est mise en danger par les groupes armés se réclamant du Djihad et par le régime d’al-Charaa.

En quelques semaines seulement, ces conflits ont eu des effets désastreux pour la population. Des dizaines de milliers de déplacé·es sont maintenant entassés dans les écoles et mosquées de Qamishlo et d’autres villes plus loin du front. Les blessé·es sont nombreuse·eux, et les médicaments manquent. Or, nous pouvons participer à endiguer les conséquences de la crise et à amener une solution politique à la question kurde. Dans l’immédiat, il est crucial de faire des dons pour l’aide humanitaire, ainsi que de pousser nos autorités à faire de même, en suivant l’exemple de la ville de Lausanne qui a fait un don de CHF 50’000.-pour le Croissant rouge Kurde. Au-delà de l’aide financière, nous devons renforcer la pression internationale sur al-Charaa, en continuant de manifester pour le Rojava et de montrer notre solidarité avec les Kurdes et autres minorités de Syrie !

Pour aider :

medico international schweiz

Quellenstrasse 25, 8005 Zürich

Tel. 044 273 15 55

IBAN CH57 0900 0000 8000 7869 1

Julien Berthod

Le PeupleVS 2026