Le Parti socialiste du Valais romand (PSVR) a le plaisir de désigner, chaque année, une association pour l’obtention d’un don extraordinaire d’un montant de CHF 500.-. Ce don a pour vocation de soutenir une association ou fondation à but non-lucratif, qui œuvre en Valais et dont les objectifs sont salués par le Parti socialiste.
Pour l’année 2024, le PSVr a choisi de soutenir l’association Transport Handicap.
Transport Handicap a été fondé par Fernand Ballestraz en 2003. Père d’une famille nombreuse dont plusieurs enfants en situation de handicap, Fernand Ballestraz a fait de son vécu le moteur de son engagement. De cette expérience est née l’idée de créer un service de transport dédié aux personnes à mobilité réduite, afin de favoriser leur autonomie, leur inclusion sociale et l’égalité d’accès aux déplacements du quotidien comme aux loisirs.
Transport Handicap en chiffres
- Un comité de 7 membres
- Les chauffeurs·euses sont membres de l’Assemblée générale
- Dans les 4 régions du Valais romand
- Siège et bureau à Sion
- Active depuis 22 ans
- 45 véhicules adaptés, dont 1 électrique
- plus de 314 chauffeurs·euses bénévoles actifs qui sont les maillons forts de Transport Handicap
- 781’652 courses au 31 décembre 2024
- 4’311 courses en moyenne par mois en 2024
- 1’182’110 km parcourus en 2024
Le directeur de l’association Patrick Disière a répondu à quelques questions du Peuple.VS.
En quoi la philosophie de Transport Handicap – service, solidarité et bénévolat – se traduit-elle concrètement au quotidien ?
Sans le bénévolat, nous ne pourrions tout simplement pas exister. Dans d’autres régions, ce sont des professionnels qui œuvrent pour les transports. Mais les couts sont forcément différents. Nos bénévoles actifs sont invités à l’Assemblée Générale, à un souper ainsi qu’une sortie d’été avec leur conjoint. C’est important qu’ils soient valorisés pour tout ce qu’ils entreprennent.
Quel rôle joue Transport Handicap dans le maintien de l’autonomie et de la vie sociale des personnes à mobilité réduite ?
L’association permet aux personnes à mobilité réduite de rester chez elles, leur évitant ainsi le placement en institution. Ces trajets constituent également un lien social indispensable contre l’isolement pour celles et ceux n’ayant plus beaucoup de proches.
Avez-vous des exemples concrets ou des témoignages qui illustrent l’impact du service sur la vie des bénéficiaires ?
Je pense que la première des choses dont nous pouvons témoigner, c’est la reconnaissance des bénéficiaires de notre association. Les chauffeurs·euses se sentent réellement utile à la société et ça se ressent concrètement. Nous accompagnons les gens de leur domicile jusqu’à la réception du cabinet médical ou de l’hôpital. C’est une présence qui rassure les personnes qui ont parfois de lourds problèmes de santé.
Pourquoi était-il important, dès le départ, d’offrir ces déplacements au même tarif que les transports publics ?
Pour nous, c’était fondamental de proposer un prix qui soient similaire aux transports publics parce que les personnes souffrant de handicap doivent bénéficier des mêmes tarifs pour se déplacer que n’importe quel autre citoyen.
Quelles qualités humaines sont essentielles pour devenir chauffeur·euse bénévole chez Transport Handicap ?
La première des choses c’est déjà d’avoir le permis (rire). Et surtout d’aimer conduire. Ensuite, il faut apprécier le contact avec les gens. C’est quelque chose d’essentiel durant le trajet. Plus qu’un simple conducteur, le bénévole est un créateur de lien. Les chauffeurs·euses ont parfois le rôle social qu’avaient les postiers jadis dans les villages. Il est nécessaire d’avoir de l’empathie et de faire preuve de bienveillance avec les bénéficiaires. Dans des contextes de vie parfois difficiles, une écoute attentive et un échange bienveillant deviennent alors un soutien moral précieux pour les passagers·ères.
Transport Handicap c’est plus de 300 Bénévoles. Comment expliquez-vous l’engagement durable de ces gens ?
La mission repose sur le plaisir de rendre service et la richesse des rencontres. Au-delà de l’aide apportée, ce sont les liens tissés et la reconnaissance mutuelle qui font toute la valeur de ces moments de partage.
Que vous inspirent aujourd’hui des chiffres comme plus de 780’000 courses réalisées depuis 2003 et plus d’un million de kilomètres parcourus en une seule année ?
Ça signifie que de nombreuses personnes ont besoin de ces transports. Loin de vouloir concurrencer les services de taxis traditionnels, notre action se concentre sur une offre complémentaire, spécifiquement adaptée aux besoins des personnes les plus vulnérables. On se dit aussi qu’ici en Suisse, on a une forme de privilège par rapport à d’autres régions du monde qui n’ont probablement pas ou peu d’aide à proposer aux citoyens en situation de mobilité réduite. Je crois que ces chiffres me rendent fier que notre association puisse rendre service à la société.
Quels ont été les principaux défis rencontrés au fil de ces dernières années ?
La première chose qui me revient c’est le Covid. En l’espace de deux mois, nous avons dû réduire d’un quart nos courses. Nombre de chauffeur·euse de Transport Handicap ont plus de 65 ans et pendant le Covid, notamment au début, les personnes âgées avaient pour consigne de rester chez elles. Dans un autre registre, le défi majeur de demain réside dans le recrutement de nouveaux bénévoles. Dans une société en pleine évolution où l’individualisme tend à s’accentuer, mobiliser autour de l’entraide devient un enjeu crucial pour l’avenir de nos services.
Quels sont les projets ou priorités de Transport Handicap pour les prochaines années ?
Justement de trouver et garder les bénévoles. Depuis quelques années, on a un nombre de course annuelle relativement stable : entre 48’000 et 52’000. L’idée c’est de maintenir ce service pour continuer à servir celles et ceux qui nécessitent des transports.
Comment peut-on soutenir l’association, que l’on soit citoyen, entreprise ou collectivité ?
En devenant chauffeur·euse bénévole. Sinon en continuant de nous faire connaitre. Les dons sont bien entendus toujours les bienvenus pour pérenniser l’association. La collectivité valaisanne participe également au financement. De plus Transport Handicap bénéfice d’un soutien de la Loterie Romande.
Quel message aimeriez-vous adresser aux personnes qui hésitent encore à s’engager comme bénévoles ?
Les gens qui souhaiteraient s’engager peuvent faire une course avec un·e chauffeur·euse bénévole pour observer et se rendre compte du fonctionnement. Bien que la manipulation des fauteuils roulants sur les rampes puisse susciter des appréhensions, l’évolution technique change la donne. Aujourd’hui, de nombreux véhicules sont équipés de treuils électriques, rendant l’accès au bus fluide et sans effort physique particulier pour le·a conducteur·trice.
Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter ?
Que l’association continue et que nous puissions compter sur toujours autant de bénévoles ayant l’envie d’aider.
Le Peuple.VS remercie chaleureusement tou·tes les chauffeurs·euses bénévoles de l’association Transport Handicap pour le précieux engagement fourni envers les personnes vulnérables.