À peine la nouvelle année a-t-elle commencé qu’elle s’annonce déjà désastreuse.

Il n’aura fallu attendre à peine plus d’une heure et demie pour que le Valais bascule dans l’horreur avec le terrible incendie de Crans-Montana. Alors que l’état de sidération nous touchait en plein cœur, nous apprenions que les USA, sous la baguette du despote Donald Trump, décidait de kidnapper le président du Venezuela en fomentant un coup d’état. Mais le gouvernement néofasciste américain ne comptait pas s’arrêter là, allant jusqu’à menacer le Groenland dans une tentative assumée de réhabiliter la colonisation. Une colonisation qu’il connait puisque son plus proche allié, n’est autre que le gouvernement sioniste qui pratique cela depuis des décennies. Il a eu donc tout le loisir d’observer et prendre des notes sur les stratégies d’accaparement des ressources fondées sur l’éradication progressive des populations autochtones. Quelques jours plus tard, Donald Trump annonçait fièrement la sortie des USA de 66 organisations internationales dont le GIEC. Nous pourrions croire à un épisode de South Park et en rire si ces décisions n’allaient pas impacter des millions de personnes à travers le monde en continuant la déstabilisation qui profite uniquement à une poignée d’oligarques étasuniens. À bien y regarder, tout cela tient davantage du scénario de Black Mirror que du réel : une dystopie qui ne s’arrête pas lorsque l’écran s’éteint.

Aujourd’hui, à force d’avoir inondé le monde de déclarations puériles et délirantes, plus rien ne semble avoir de sens. En lisant le titre d’une news, nous nous sentons obligé de vérifier qu’il ne s’agisse pas du Gorafi, mais bien d’un média sourcé. Et dans tout ce marasme, les Epstein files ont miraculeusement disparu des médias.

Ce mois de janvier a aussi vu la révolte en Iran prendre une nouvelle tournure avec des manifestations dans tout le pays brutalement réprimées par le régime autocratique des mollahs. Une opportunité pour les USA pour tenter d’instrumentaliser cette révolte à son profit. Car comme au Venezuela, les ressources ne manquent pas là-bas. Renverser le pouvoir en s’assurant de placer un pion à sa solde ne pourrait que galvaniser l’autoproclamé maitre du monde qui fêtera ses 80 ans cette année.

Dans le même temps, la situation en Syrie s’est fortement envenimée. Ahmed al-Charaa, l’ancien terroriste recherché par la Maison Blanche qui a troqué sa tenue de combat d’Al-Qaida contre un costard cravate, lance une offensive au nord du pays et notamment au Rojava contre les populations kurdes. Ces mêmes Kurdes qui avaient mené les offensives victorieuses contre Daesh il y a quelques années sont aujourd’hui totalement isolés et lâchés par les occidentaux. Ceci démontre tout simplement qu’avoir une idéologie salafiste n’est pas vraiment un problème tant que vous êtes alignés sur la politique de l’Oncle Sam et de son allié israélien. L’Arabie Saoudite avait déjà ouvert la voie.

Pendant ce temps-là, dans une quasi indifférence l’État d’Israël poursuit son annihilation du peuple palestinien en s’attaquant cette fois à l’UNRWA, déjà pourtant interdite par l’entité coloniale. Cette dernière est aujourd’hui accusée d’avoir incendié des bâtiments appartenant à cette organisation onusienne alors qu’ils étaient déjà en cours de démolition. La rapporteuse spéciale des Nations unies Francesca Albanese résume ainsi : « Les Nations unies et le droit international sont démantelés pierre par pierre sous les yeux du monde. Attaquer l’UNRWA revient à écraser les efforts de la communauté internationale visant à préserver la vie des Palestiniens. »

Si nous continuons de parler de la Palestine, c’est que rien ne s’est arrêté avec le pseudo cessez-le-feu. Et surtout pour rappeler qu’Israël continue de normaliser leur dessein génocidaire sans avoir reçu de véritables sanctions. Il est de bon ton de rappeler que jamais, dans les conflits récents, la mortalité infantile n’avait atteint de tels niveaux qu’à Gaza. L’équivalent d’une classe d’enfants a été anéantie chaque jour depuis deux ans. Plus de 70 kilotonnes de bombes — six fois Hiroshima — larguées sur un territoire six fois plus peuplé. Un nombre sans précédent de mineurs mutilés et un rythme de massacres comparable seulement à celui de 1994 au Rwanda. À Gaza, la destruction systématique de la vie civile a atteint, au XXIᵉ siècle, un niveau jusqu’alors jamais observé.

La liste de ces violences est évidemment non exhaustive tant les conflits mondiaux et les atteintes aux droits humains se sont généralisés dans le monde. Le mois de janvier, habituellement synonyme de bonne résolution et de remise à zéro, nous propose une entrée en manière de 2026 pour le moins détestable. Dans ces conditions, difficile d’y voir des lueurs dans ces ténèbres. Et pourtant, face à cette nuit qui s’étend, la persévérance de la lutte est notre unique refuge. Résister n’est plus un slogan, mais notre seule ligne de conduite.

 Yoann Bodrito, rédacteur en chef

Le PeupleVS 2025