En trois lettres : parti politique suisse raciste, xénophobe, homophobe, anti-féministe, anti-écologiste, anti-pauvre, nationaliste.
On se rappelle tous de cette définition proposée par les cruciverbistes du Nouvelliste qui avaient offensé quelques cadres de l’UDC. C’était probablement parce qu’ils étaient vexés qu’on ait oublié « islamophobe » dans la définition.
C’est en tout cas ce qu’on pourrait croire tant leur fond de commerce est systématiquement raciste, en particulier envers les personnes de confession musulmane. Leur lubie du moment ? Décider à la place des femmes, notamment sur leur tenue vestimentaire. Rien de nouveau vous me direz pour ces antiféministes mais ils persistent à vouloir imposer partout leur vision rétrograde de la société. Le comble pour ceux qui pensent « libérer les femmes » en ne leur laissant aucune liberté de choix. Mais ce n’est pas vraiment une surprise quand on connait leur façon de sexualiser le corps de femmes. Leur principal souhait, c’est que les femmes se promènent très peu vêtues pour qu’ils — le masculin est de rigueur ici —puissent continuer à dévisager les femmes avec leurs lunettes du siècle passé.
L’UDC pense combattre le communautarisme en alimentant l’exclusion. Mais pourquoi alors s’arrêter aux piscines ? Autant interdire le legging au fitness ou imposer le bikini au volley sous prétexte de « libérer » les femmes. Derrière cette obsession du tissu se cache une hypocrisie évidente : ce ne sont pas la taille du tissu qui les dérangent, mais la culture et la religion de celles qui les portent.
Ces débats sont ridicules et il m’est presque insupportable de devoir m’y attarder tant les urgences sont nombreuses dans notre société. Et d’ailleurs, que pensent les agriculteurs·trices qui vivent un été brûlant, sec et qui va considérablement réduire les récoltes des mois à venir ? Se sentent-ils soutenus quand le parti « agrarien » passe son temps à créer des polémiques stériles en voulant interdire un vêtement qui concerne une poignée de personnes ?
Grand bien fasse aux membres de l’UDC s’ils refusent de fréquenter la piscine des Marécottes. S’ils cherchent une alternative 100 % locale pour leur baignade, on peut leur conseiller la fosse à purin du terroir. Zéro diversité garantie, et droit du sol assuré en maillot réglementaire. Et sinon, on peut aussi reprendre les slogans du pique-nique antifasciste ayant eu lieu mi-juillet à Lausanne : pas de baignade pour les fachos !
Yoann Bodrito, rédacteur en chef