Si le mois de septembre était synonyme de rentrée, de retour au travail après des vacances régénérantes et d’un nouveau cycle, il signifie en 2026 la continuité d’un état de stress face à un environnement global totalement déréglé.

En effet, notre société doit faire face à des situations et symptômes de plus en plus angoissants. A commencer par ces tristes records, ces mois les plus chauds recensés partout sur la planète, ces quatre vagues caniculaires souvent ressenties comme un tsunami de chaleur permanent qui épuise les organismes de manière insidieuse. Le monde souffre, les terres agonisent, grillées sous un soleil de plomb, et les agriculteurs, les vignerons et les paysans ne peuvent que constater les dégâts sur leurs cultures, leurs vignobles ou leur bétail.

Effet logique d’un corps en surchauffe, les glaciers fondent, le permafrost dégèle libérant les roches et menaçant de nombreuses régions, les ruisseaux tarissent, l’eau manque. C’est ainsi que le glacier de Bella Tola a disparu et que d’autres ne tarderont pas à suivre. La Suisse n’est plus ce château d’eau et les neiges éternelles feront bientôt partie des légendes enseignées à nos enfants.

Il y a bien sûr toujours un médecin malgré lui qui a la bienséance de rappeler d’autres épisodes de sécheresse, d’autres fléaux et qui nous assure – rassure – que tout rentrera bientôt dans l’ordre après cette année exceptionnelle. Seulement voilà : l’exception tend à devenir la norme et ces catastrophes d’ordinaire isolées s’enchaînent à un rythme effréné partout sur le globe. L’ampleur est telle que même un vocabulaire hyperbolique ne parvient pas à décrire la réalité : des mégafeux en Europe et en Amérique du Nord ravagent plus de 6 millions d’hectares de végétation et de forêts. Le super El Niño atteindra une intensité encore jamais mesurée en 2027. Un déluge d’inondations et de laves torrentielles sans précédent noie tout sur son passage et cause la mort de milliers de personnes.

Parallèlement, la folie meurtrière de chefs d’Etat de plus en plus violents et belliqueux met les continents à feu et à sang avec un nombre sans cesse croissant de guerres et de conflits (130 selon le CICR, c’est-à-dire le double d’il y a quinze ans). Certain même, revendiquant le prix Nobel de la paix, poursuit des guerres commerciales devant mener à l’enrichissement, si ce n’est de son pays, du moins à celui personnel dans un hardpower et une force brute extrême.

Mais il en faut plus pour briser l’idylle de nombre de nos représentants avec cet « exemple » de la démocratie. Résultat, nous sommes encore et toujours les malheureux otages d’un système politique débridé qui se plaît à enrichir l’économie privée, les grandes entreprises et les contribuables les plus aisés. Dans cette logique ultralibérale, la population, bien éloignée de la glose de cette élite, est priée de comprendre la nécessité de mesures « indispensables » pour le bien de l’économie et d’accepter avec résilience l’explosion des coûts de la santé et le surenchérissement de la vie, du prix de l’essence à celui de l’alimentation, en passant par l’électricité et les loyers. La fracture sociale se creuse dans une paupérisation des plus précaires, tandis que la guerre médiatique continue à imposer sa vision consumériste.

Dernier événement en date, la victoire de l’AfD (Alternative für Deutschland) en Saxe-Anhalt signifie le retour au pouvoir d’un sentiment d’identité propre à l’époque nazie avec cet arrière-goût si désagréable et ce sentiment de déjà-vu qui doivent nous alerter. Car dans une Histoire forcément cyclique, le « plus jamais ça » de l’après-guerre risque de se métamorphoser en un nouvel Anschluss.  

Si ces constats sont terribles, car bien souvent irréversibles, ils ne doivent cependant jamais nous décourager. Face à cette apocalypse, notre Parti Socialiste (PS) s’est battu, se bat, et se battra contre les extrêmes de toutes sortes et cette fuite en avant.

Il est vrai que le PS peine parfois à convaincre lors des élections; mais il est logique que face à des situations hors normes, un discours simpliste et populiste soit privilégié dans une réaction d’auto-défense et de survie. Pourtant, ce genre de raisonnements et de décisions au coup par coup, sans aucune stratégie ni vision à long terme, n’est qu’un pansement sur une jambe de bois et ne peut en aucun cas constituer une réponse aux défis actuels. A contrario, des réflexions en profondeur et une politique clairement orientée peuvent mener à des victoires comme la 13e rente AVS ou l’initiative pour les soins hospitaliers forts.

Nous devons, plus que jamais, poursuivre nos actions pour la justice sociale et la défense des plus démunis. Car nos membres représentent l’un des derniers remparts face à ces extrêmes, que ceux-ci soient climatiques, économiques ou politiques. Ne laissons pas affaiblir davantage notre corps social déjà si épuisé, fiévreux et ne pouvant supporter d’autres coupes financières. 

C’est dans ce contexte que le Grand Conseil a vécu sa rentrée. L’action de notre valeureuse députation au parlement valaisan se poursuit désormais sous la conduite experte d’un nouveau duo constitué par Emilie Teixeira et Paola Riva Gapagny. Nous saisissons cette occasion pour reconnaître tous les mérites et les victoires précieuses obtenues sous la houlette de notre ancienne Cheffe de groupe, notre camarade Sarah Constantin qui, dans un mouvement de retrait, laisse un héritage robuste en la personne d’Emilie, copilote jusqu’ici et promue commandante de bord à l’unanimité.

Grâce à notre groupe parlementaire uni et solide, et suivant fermement le cap fixé, nous continuons à défendre nos valeurs pour protéger et accompagner. Notre attention s’est notamment dirigée vers le sang neuf, les forces vives de demain qui devront poursuivre l’effort. Il faut notamment instruire les plus jeunes à une argumentation sensée, ne se laissant pas émouvoir par des raccourcis douteux ni séduire par des promesses privilégiant l’immédiateté ou le sensationnel. La compréhension de la puissance médiatique ainsi que des forces de persuasion numériques constitue notre meilleur système immunitaire face au mal de la désinformation. La liberté de pensée en dépend.

Cette session de septembre a également été marquée par de belles victoires, notamment lors de l’élection d’une juge suppléante au Tribunal Cantonal : après avoir entendu les deux candidats à la fonction, le groupe socialiste a été convaincu que le meilleur choix pour le Valais était de soutenir la candidature de Petra Vonschallen.

Plusieurs textes déposés ont aussi franchi victorieusement le verdict du parlement, que ce soit en matière de dotation en personnel des APEA (Autorité de Protection de l’Enfant et de l’Adulte) ou pour la mise en place d’une assurance perte de gain pour les personnes au chômage. Nous retenons également cette idée de rendre gratuit les tests de dépistage des IST (Infections Sexuellement Transmissibles), tout comme l’impact de la prévention sur les coûts de la santé.

Malheureusement, d’autres textes de nos camarades n’ont pas trouvé la même fortune au moment des votes. Nous avons fait le choix de ne pas citer les auteurs, car chacune des composantes de la députation PS mérite un grand coup de chapeau. Nous faisons preuve d’une remarquable homogénéité et c’est cette force qui nous permet parfois de faire basculer le parlement. Pour en savoir plus, il suffit de consulter le communiqué de presse paru le 11 septembre.

Nous signalons aussi une grosse déception, celle constituée par ce renvoi de la Loi sur les chiens; au-delà de la question de fond, ceci doit nous interpeler sur le sérieux politique de celles et ceux qui se distinguent par leurs interventions remarquées (à défaut d’être remarquables) et leur soif de médiatisation mais qui, au final, montrent leur véritable visage au moment de prendre les décisions. Un devoir de mémoire s’imposera lors des prochaines joutes électorales.

A un niveau cantonal, les ménages valaisans sont menacés de toutes parts. A un niveau international, la Suisse n’a plus de voix dans le concert des Nations; elle s’est soumise au chant des Sirènes et a accepté que nos ministres soient attachés au mat pour affronter la tempête. Nous sommes désormais captifs, livrés à tous les vents et victimes des coupes budgétaires décidées à Berne (moins d’argent pour la santé, moins pour le social, moins pour la culture, mais définitivement plus à l’armée). Et sous le prétexte du désenchevêtrement des tâches entre cantons et Confédération, des charges supplémentaires seront reportées sur le Valais qui devra affronter ces nouvelles mesures d’économie prévues au niveau fédéral et à des exercices douloureux.

Avant même de connaître les résultats pour 2026, année débutée dans le feu et le sang (suite au drame du Constellation qui a déjà coûté des millions à l’Etat), nous devons impérativement penser des mesures d’équilibre et de juste mesure pour les prochains budgets à l’horizon 2030. Pour ce faire, 180 millions devront être trouvés…  La tâche qui nous attend promet déjà de belles batailles politiques.

Finalement, et malgré ce chaos mondial, nous gardons la confiance et la foi en nos valeurs. Nous ne tomberons pas dans le piège de l’éco-anxiété ou de la dépression. Nous préférons voir dans cette apocalypse la fin d’un temps, une révélation et l’occasion d’un nouveau départ. Et plus que jamais, face à l’adversité, notre PS doit rester uni, combattre et tenir sa ligne.

Pascal Clivaz, député

Le PeupleVS 2026