Du 15 au 17 juin prochain, à quelques km du Valais, la ville d’Évian sera le théâtre d’un triste spectacle : le rassemblement des dirigeants impérialistes du G7.
Sous couvert de régulation économique et de géopolitique, ce club des sept puissances parmi les plus riches de la planète se réunit une fois de plus pour orchestrer la direction capitaliste et impérialiste du monde. Ce sommet ne représente rien d’autre que l’arrière-boutique d’un système à bout de souffle qui, pour maintenir l’hégémonie du Nord global, glisse dangereusement vers la fascisation et la violence systémique.
L’alliance du capital et des forces réactionnaires
La crise généralisée qui secoue le capitalisme mondial pousse ses principaux acteurs à une radicalisation autoritaire. Ce n’est pas une coïncidence si les thèmes et le vocabulaire de l’extrême droite saturent désormais l’espace public. Qu’ils soient portés par des figures ouvertement populistes ou par une droite décomplexée, les agendas sont les mêmes : maintenir un ordre inégalitaire par la force. Pour garantir les profits d’un système où 1 % des plus fortunés détient près de la moitié des richesses mondiales, les gouvernements du G7 intensifient l’austérité, cassent les services publics et répriment durement les mouvements écologistes, antiracistes et de solidarité.
La gestion viriliste et sécuritaire des affaires du monde nourrit la haine. Aujourd’hui, l’offensive masculiniste menace directement les droits fondamentaux arrachés de haute lutte par les femmes et les minorités de genre. En Suisse, le nombre effroyable de féminicides illustre de manière tragique cette continuité de violences patriarcales face à laquelle l’Etat et la justice sous-estiment totalement les enjeux. Face ces alliances entre capitalistes et forces réactionnaires, nous n’avons qu’un seul choix : opposer une riposte féministe et antifasciste.
Impérialisme et complicité coloniale
À l’échelle internationale, le bilan de ce directoire est inacceptable. L’Occident a abandonné tout semblant de respect pour le droit international et la paix entre les peuples. L’extractivisme forcené mené par les multinationales du G7 – avec la complicité active de la Suisse – continue de piller les matières premières du Sud global et d’exploiter les corps, tandis que les frontières se ferment de manière mortifère aux populations qui fuient les ravages de ces politiques.
Le cynisme atteint son paroxysme dans la gestion des conflits. Alors que la course aux armements bat son plein et offre de formidables opportunités de profits aux industriels, les masques tombent face au massacre des peuples en lutte. Le refus du G7 d’imposer de réelles sanctions contre l’Etat colonial sioniste met en lumière le caractère structurel de la domination impérialiste. Du génocide à Gaza aux tragédies qui se déroulent dans l’ombre au Soudan, en République démocratique du Congo, en Ukraine ou au Kurdistan, la violence est globale. Face à cela, le silence et la neutralité de façade du gouvernement suisse sont une honte.
Le 14 juin : décréter l’état d’urgence
On ne peut pas laisser de terrain à cette dérive. Chez nous, la droite arrogante, main dans la main avec l’extrême droite, profite de ce climat pour attaquer les conditions de vie des plus précaires, menacer les salaires minimaux et rejeter les mesures de protection de la biodiversité.
Face à cet entre-soi impérialiste, la résistance s’organise avec le NOG7 (du 13 au 17 juin), un contre-sommet qui s’inscrit dans la lignée des grandes contestations historiques (Gênes, Évian 2003, Hambourg).
Cette année, la mobilisation s’articule autour de trois urgences :
- La libération de la Palestine : Dénoncer la complicité directe ou indirecte des pays du G7 dans le génocide en cours à Gaza (ventes d’armes, financements ou silence coupable).
- Les luttes féministes et queer : Combattre les offensives réactionnaires menées par plusieurs membres du G7, comme la criminalisation de l’avortement aux États-Unis ou les attaques contre les droits des personnes trans et homosexuelles au Royaume-Uni et en Italie.
- La fin de l’extractivisme : Contester le pillage capitaliste et colonial des ressources du Sud global (comme les métaux rares) par les multinationales du Nord, au détriment et au mépris des populations locales.
Le 14 juin, à l’appel d’une coalition de plus de 50 organisations, prenons les rues de Genève, avec ou sans autorisation, pour nous opposer à ce sommet impérialiste planifiant la destruction des peuples et l’exploitation du vivant.
Yoann Bodrito, rédacteur en chef