Le tunnel du Grimsel revient aujourd’hui sur le devant de la scène. La Confédération l’a intégré aux projets ferroviaires considérés comme prioritaires dans le cadre de « Transports ’45 ». Le projet prévoit de relier le Haut-Valais et l’Oberland bernois par une nouvelle liaison ferroviaire à travers le massif du Grimsel. Il présente notamment l’avantage de pouvoir être coordonné avec l’enfouissement de la ligne à très haute tension qui traverse actuellement le col. Mais cette possibilité technique et financière ne doit pas masquer une question essentielle : est-ce réellement là que les pouvoirs publics doivent investir en priorité leurs moyens pour répondre aux besoins de mobilité de sa population ?

Nous pensons que non.

En Valais, on doit investir dans les transports publics afin d’offrir une véritable alternative à la voiture, de réduire les nuisances liées au trafic et d’accompagner le développement démographique et économique du canton. Mais c’est précisément pour cette raison qu’il faut choisir les projets qui répondent aux besoins quotidiens de sa population.

Or le Bas-Valais connait une forte croissance démographique et économique, avec des milliers de déplacements quotidiens entre les lieux de résidence, de travail et de formation. Les besoins y sont concrets et régulièrement répétés, particulièrement dans le Chablais : renforcer les cadences dans le Haut-Lac, améliorer les connexions entre Monthey et le reste du réseau national, développer les liaisons transversales…

Le contraste avec le projet du Grimsel est frappant. Ses promoteurs mettent principalement en avant le tourisme, l’accès aux régions de montagne et la création d’une nouvelle liaison entre l’Oberland bernois et la vallée de Conche. Ils estiment notamment que le tunnel permettrait de réduire fortement les temps de parcours entre Meiringen et Oberwald et de développer le tourisme dans les régions concernées.

Mais une politique publique ne peut pas être guidée uniquement par la possibilité de réaliser un projet spectaculaire. Par conséquent, consacrer des moyens considérables à une liaison principalement destinée à améliorer l’accès touristique ne peut pas constituer une priorité.

Dans la partie basse du canton, les transports publics doivent faciliter les déplacements des jeunes, des familles et des personnes âgées. Ils doivent accompagner les pôles économiques de Monthey, de Martigny, du Valais central et de Visp-Brig. Ils doivent enfin contribuer à réduire les embouteillages et les émissions de CO₂ sur les principaux axes routiers.

C’est sur ces objectifs qu’il faut concentrer les investissements.

Le débat n’est pas celui du rail contre la route, ni du Haut-Valais contre le Bas-Valais. C’est celui des priorités. Avant de creuser un tunnel sous le Grimsel, investissons dans les transports dont les Valaisannes et les Valaisans ont besoin chaque jour. Le Valais a besoin d’un réseau ferroviaire performant qui réponde aux besoins de ses habitantes et habitants de Goms à St-Gingolph. Faisons-en une priorité.

 

Olivier Ostini

 

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