Contrairement au mythe du « canton de propriétaires », les Valaisannes et les Valaisans sont de plus en plus locataires. En 2025, ils représentaient 47 % de la population du canton, et même bien plus de la moitié dans toutes les villes. Pourtant, les politiques publiques continuent de privilégier presque exclusivement l’accession à la propriété.
Dans le même temps, les loyers connaissent une hausse spectaculaire. Selon des données relayées notamment par la Banque cantonale du Valais, les loyers des nouvelles offres ont augmenté d’environ 20 % durant les trois dernières années en Valais, contre environ 10 % dans des cantons comme Vaud ou Berne. Sur le long terme, la hausse atteint 47 % depuis 2000 en Valais, contre 37 % en moyenne suisse.
La pénurie de logements ne suffit pas à expliquer cette évolution. Dans certains cantons où elle est plus marquée, comme Vaud ou Berne, les loyers augmentent pourtant moins rapidement. L’explosion des loyers en Valais s’explique aussi par la faible protection des locataires : il n’existe pas de tribunal des baux ni de formule officielle indiquant l’ancien loyer. Elle s’explique également par une politique publique du logement encore très limitée. Les logements d’utilité publique représentent à peine 0,6 % du parc en Valais, contre 3,8 % en moyenne suisse.
Dans un canton où la part des locataires augmente, où les loyers progressent plus vite que dans le reste du pays et où les instruments publics pour garantir des logements abordables restent limités, la question du respect des règles encadrant les loyers devient centrale. Le droit du bail prévoit déjà que les loyers doivent être fondés sur les coûts et ne pas permettre des rendements excessifs. Encore faut-il que ces principes soient effectivement appliqués.
Dans ce contexte, l’initiative sur les loyers, qui vise à renforcer le principe du loyer fondé sur les coûts et à instaurer un contrôle plus efficace, constitue une réponse concrète. Pour un canton comme le Valais, où les loyers explosent, son soutien apparaît comme une action importante pour garantir l’accès, pour toutes et tous, à un bien indispensable : un toit.
Florian Chappot, député et membre du comité de l’ASLOCA Valais