Editorial
A quoi joue Sidney Kamerzin ?
Le conseiller national appartenant au Centre —qui n’a bientôt de centre que le nom— s’est distingué en proposant récemment une motion visant tout simplement à criminaliser le droit de manifester en Suisse. L’élu valaisan a insisté sur les dégâts causés par la manifestation du 11 octobre 2025 à Berne. A aucun moment il ne fait mention des circonstances qui ont amené à cette manifestation. A aucun moment il ne parle des plus de 300 manifestant·es blessés ni des 600 personnes qui ont été nassées au froid pendant une dizaine d’heures. Une pratique qui est contraire aux standards du droit international. Le Parlement glisse vers le "tout-payant" : sous l'impulsion de Sidney Kamerzin, 119 élus ont voté pour facturer aux manifestant·es les frais de police engagée lors de manifestations, qu’elles soient autorisées ou pas. Derrière ce vote qui semble d’ordre financier se cache une réalité bien plus sombre. En effet, la majorité bourgeoise (ainsi que deux socialistes) ont décidé qu’il était de bon ton de criminaliser toutes les luttes politiques en Suisse. Si manifester devient une question financière, c’est qu’on considère que ce n’est plus un droit acquis dans une démocratie, mais un privilège destiné une poignée d’individus ayant les moyens. Nos décideurs font de la rue un espace privé : seuls ceux qui ont de l’argent pourront encore porter leurs revendications. Ce n'est plus de l'ordre public, c'est une barrière dissuasive qui réduit la révolte sociale au silence par la menace...
Yoann Bodrito, rédacteur en chef du Peuple.VS
Extrait du dernier numéro
Sans règles, pas de territoire de qualité
Les propriétaires fonciers l’oublient parfois : leur propriété fait partie d’un tout, le territoire, qui, lui, appartient à toutes et tous. Des règles sont nécessaires afin de garantir une construction qualitative de ce dernier, au bénéfice de toute la population. Le capitalisme repose sur un principe fondamental : la propriété privée. Ce principe est souvent associé à une notion de liberté poussée à l’extrême : ce qui est à moi n’est qu’à moi, j’en dispose comme bon me semble, qu’il s’agisse de mon stylo, de ma voiture ou de ma parcelle. Mais ce que le propriétaire oublie souvent, c’est que la manière de disposer d’un bien impacte la société qui nous entoure : rarement pour un stylo, souvent pour une voiture, de manière évidente mais souvent ignorée, en ce qui concerne les constructions. Parce que n’importe quelle construction marque le territoire. Ce sont nos manières de nous déplacer, l’environnement social des quartiers, les nuisances mais également tout le paysage qui se...
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