Les propriétaires fonciers l’oublient parfois : leur propriété fait partie d’un tout, le territoire, qui, lui, appartient à toutes et tous. Des règles sont nécessaires afin de garantir une construction qualitative de ce dernier, au bénéfice de toute la population.

Le capitalisme repose sur un principe fondamental : la propriété privée. Ce principe est souvent associé à une notion de liberté poussée à l’extrême : ce qui est à moi n’est qu’à moi, j’en dispose comme bon me semble, qu’il s’agisse de mon stylo, de ma voiture ou de ma parcelle. Mais ce que le propriétaire oublie souvent, c’est que la manière de disposer d’un bien impacte la société qui nous entoure : rarement pour un stylo, souvent pour une voiture, de manière évidente mais souvent ignorée, en ce qui concerne les constructions.

Parce que n’importe quelle construction marque le territoire. Ce sont nos manières de nous déplacer, l’environnement social des quartiers, les nuisances mais également tout le paysage qui se trouvent modifiés par chaque intervention sur le bâti.

Ainsi, les villes sont depuis des siècles construites selon des règles portant sur la propriété privée. Non pas pour restreindre cette dernière ou la liberté individuelle mais pour construire des territoires de qualité, où il fait bon vivre. Parce qu’ils sont esthétiques, que l’on peut s’y déplacer de manière efficace, qu’on y trouve des services essentiels, que l’on peut s’y ressourcer dans des conditions agréables et que toutes et tous y trouvent leur place.

Aujourd’hui, le prix du mètre carré ne cesse d’augmenter dans notre pays et le logement est devenu un enjeu sur l’ensemble du territoire suisse. Les appels à la déréglementation en matière de construction se multiplient, poussés par une volonté de densification. Ainsi, le Conseil d’Etat zougois propose la création de « zones blanches » dans lesquelles la quasi-totalité des règles de construction seraient supprimées. Présenté comme une solution à la crise du logement, ce type de propositions représente un danger pour toutes et tous. C’est tout notre territoire qui sera impacté par de telles mesures, qui mèneront sans aucun doute à la création d’ensembles de faible qualité, dégradant fortement le paysage et nuisant à la qualité de vie de toutes et tous.

Il revient dès lors aux communes de s’assurer que les constructions et modifications du bâti existant ne se fassent pas au détriment de la qualité du territoire. Une densification est possible sans péjorer cette dernière, elle nécessite cependant l’imposition de règles aux propriétaires, au service du bien commun.

Bérénice Georges

Le PeupleVS 2026